La transparence signifie une divulgation publique de données et d’informations crédibles, complètes sur les marques et leurs chaînes d’approvisionnement. Cela signifie avoir des information détaillées sur les pratiques commerciales ainsi que sur les impacts de ces pratiques sur les travailleurs, les communautés environnantes et l’environnement. Une plus grande transparence dans l’industrie de la mode signifie divulguer et rendre publique des relations avec les fournisseurs. Cela signifie aussi dévoiler les politiques et procédures sociale et environnementale des entreprises, de leurs buts et objectives, de leurs performances et de leurs progrès.
La transparence ne consiste pas seulement à partager les bonnes histoires.
La transparence n’est pas synonyme de storytelling ou de marketing. Le but n’est pas divulguer que les fournisseurs conformes et performants. Il s’agit de présenter un tableau complet de la chaîne d’approvisionnement. L’idée de c’est de présenter la situation telle que est actuellement. Avec des forces et des faiblesses. Rendre public cette information, peut permettre de faire un examen plus approfondi et d’aider à accélérer les processus d’amélioration.
Ce type de transparence exige que les marques et les détaillants sachent exactement qui fabrique les produits qu’ils vendent.
Ce n’est pas toujours le cas dans l’industrie de la mode. Parfois certaines marques ignorent quelles sont les entreprises qui fabriquent les vêtements qu’elles commercialisent. (J’en parle d’ailleurs dans cet article : Pour plus de transparence dans l’industrie de la mode).
Ainsi pour être capable d’être transparent, il faut être capable d’affirmer qui a cousu ce vêtement, jusqu’à celui qui a teint le tissu en passant par celui qui a cultivé le coton.
Et, ce qui est crucial, c’est que les marques soient en mesure de retracer le parcours de leurs produits, de la commercialisation, jusqu’au stade de la matière première.
Il est important que cette information puisse être accessible publiquement. L’accès à l’information constitue également un petit pas vers une plus grande transparence et une plus grande responsabilisation.
La transparence n’est pas une divulgation sélective à des tiers.
Certaines enseigne choisissent de divulguer des informations sur la chaîne d’approvisionnement à des personnes ou des groupes de personnes. Elle divulguent les informations à des ONG ou des syndicats sélectionnés. Mais tous les consommateurs devraient pouvoir accès à cette information. De la même façon que dans l’industrie agroalimentaire, on peut savoir si notre tomate vient du Québec, ou du Mexique. On devrait savoir par quel pays notre t-shirt à transité. L’information communiquée sur l’étiquette est très partielle. Ainsi elle ne reflète pas vraiment le parcours du vêtement. À défaut de pouvoir tout inscrire et tout lire sur l’étiquette, l’information doit être disponible et accessible par tous.
D’ailleurs je vous parle un peu plus en détails de la problématique de l’étiquetage lacunaire des vêtements dans cet article : Des produits toxiques dans nos vêtements?
Des incidents liés à la santé et à la sécurité, et même des décès continuent de se produire dans l’industrie.
Ainsi, la transparence n’est pas une fin en soi.
La transparence est seulement un outil. Elle ne suffit pas à elle seule à résoudre les problèmes de l’industrie. Mais la transparence est une première étape nécessaire vers un changement systémique plus large.
L’industrie de la mode dans son ensemble a besoin d’un changement de paradigme radical.
Il faut changer la façon dont la plupart des vêtements sont fabriqués. Mais il faut également la façon dont les vêtements sont consommés. Et cela passe entre autre par davantage de transparence.
Chaque année, la marque scandinave dévoile sa collection Conscious Exclusive.
La collection Conscious Exclusive est un concept qui a été lancé en 2010 afin de promouvoir des designs élégants avec un impact environnemental moins important. Cette fois-ci, H&M a fait un pas de plus avec une gamme qui, pour la première fois, utilise de nouveaux matériaux non conventionnels afin de réduire l’empreinte carbone de ses vêtements.
H&M fabrique des vêtements à partir d’algues, d’orange et de feuilles d’ananas mises au rebut.
L’industrie mondiale de la mode est une source majeure d’émissions de gaz à effet de serre et d’autres formes de pollution. Les Nations Unies appellent les entreprises à mettre en place des chaînes d’approvisionnement circulaires d’ici 2030.
C’est donc dans cette idée que le géant suédois H&M a développée des vêtements faits de feuilles d’ananas, d’écorces d’orange et d’algues!!
Bien qu’il s’agisse de fibres d’origine naturelle, pas de risque pour autant, les vêtements ne pourriront pas sur votre corps!! Pour sa neuvième ligne Conscious Exclusive, la marque H&M s’associe à trois entreprises qui fabriquent des vêtements à partir de matières organiques qui, autrement, seraient mises au rebut.
La première fibre utilisée au sein de cette nouvelle collection est le Piñatex.
Réalisé à partir de fibres de feuilles d’ananas, le Piñatex est un matériau écoresponsable et vegan.
Le Piñatex® est une matière innovante élaborée à partir de fibres de feuilles d’ananas issues d’une production agricole préexistante. Cette matière non-tissée peut servir d’alternative au cuir. Je vous ai déjà parlé du Pinatex à plusieurs reprises sur le blog : ici ou là .
La seconde fibre mise de l’avant dans la collection Conscious Exclusive est l’Orange Fiber.
Le textile Orange Fiber est fabriqué à partir des déchets d’agrumes.
L’Orange Fiber ® est une matière élaborée à partir de peaux d’agrumes issues de la production de jus de fruits. Les peaux sont transformées en textile durable de haute qualité, ce qui permet de préserver les ressources naturelles et de réduire les déchets. Extrêmement doux au toucher, l’Orange Fiber ressemble à de la soie. Pour obtenir un textile extrêmement doux, il n’est pas nécessaire d’ébouillanter de petits vers innocents. Ainsi l’Orange Fiber pourrait constituer une alternative végane à la soie.
Enfin la dernière fibre innovante utilisée dans cette collection Conscious est fabriquée à base d’algue par BLOOM Foam.
Bloom, est un équipementier capable de créer des semelles à base d’algues marines. Adieu la pétrochimie, vive le végétal!
La mousse BLOOM™ est partiellement élaborée à partir de la biomasse algale. Cette matière très performante a servi à fabriquer la semelle de ces chaussons. Grâce à un processus de production innovant, cette matière contribue au nettoyage et à la restauration de l’environnement. Le type d’algues sélectionné permet également de maîtriser la prolifération des micros algues. En effet parfois les micros algues sont nuisibles pour les animaux et pour les hommes. À cause du réchauffement climatique et des produits chimiques comme les phosphores et les nitrates des engrais versés dans l’eau, les micros algues envahissement et prolifèrent dans certaines rivières.
Bref, la collection comprend non seulement des nouveaux innovants, mais également des matériaux plus conventionnels.
On retrouve entre autres des robes longues en soie bio, des jupes vaporeuses en lyocell Tencel. Mais également des sacs ou des bottes en polyester recyclé. On encore, du lin ou du coton bio.
La collection Conscious Exclusive comprend également de jolis bijoux.
Ils ont été confectionnés à partir de plastique recyclé provenant de bouteilles, de sacs en plastique et flacons de shampoing. Les bagues en argent ont été fabriquées à partir d’argent recyclé. Il provient d’anciens chandeliers, de couverts en argent massif, de pièces et de bijoux en vrac.
Les matériaux d’origine végétale sont-ils l’avenir de la mode rapide?
Tout d’abord il faut toujours investiguer un peu plus la question.
Toutes les fibres d’origine végétale ne sont pas nécessairement bonne pour l’environnement.
En effet, parfois le processus de transformation de la fibre est hautement toxique. C’est le cas par exemple de la fibre de rayonne. La rayonne est une fibre artificielle réalisée à partir de cellulose (pâte de bois). Elle est connue sous le nom de viscose, Bemberg, Modal, Tencel, et Lyocell. Son processus de transformation utilise parfois des procédés chimiques, vraiment toxique comme de la soude. D’autres fois le processus de transformation est fait en toute sécurité. La fibre est d’abord broyée. Puis, à l’aide d’enzymes naturelles et de procédés d’ébullition elle est transformée en pulpe. La fibre est peignée, puis filée. Parfois la pâte de bois provient de forêts tropicales en voie de disparition, d’autre fois de forêts gérées durablement et certifiés FSC. Dans les cas mentionnés ci-haut qui utilisent des déchets plutôt que des d’arbres, on pourrait se dire génial! Bingo… À condition bien sur que cela reste le cas. En effet, si on remplacerait la production de polyester par celle d’Orange Fiber ou de Pinatex, il n’y aurait sans doute pas assez de déchets d’agrumes ou d’ananas pour assurer la production.
C’est pourquoi, bien que ces fibres innovantes soient une bonne nouvelle pour l’industrie, elle ne représente pas à elle seule la solution miracle. Pour une industrie de la mode plus durable, il faut la transformer radicalement!
En ce moment, l’industrie de la mode fonctionne sur un système complètement linéaire.
On cultive des fibres pour créer des textiles et pour fabriquer des vêtements. Ces derniers finissent ensuite prématurément dans des sites d’enfouissement. Le schéma est simple. On extrait des ressources que nous consommons et que nous jetons ensuite.
Afin d’apporter un peu plus de circularité H&M a mis en place un programme de recyclage.
L’enseigne encourage ses clients à apporter des vêtements usagés en magasin. En échange de leur geste, H&M leur remet un bon de réduction de -15% valable sur un article de leur choix (hors promotions et soldes). Les vêtements collectés sont ensuite transformés en nouveaux produits ou éliminés d’une manière responsable.
Cet effort s’inscrit dans un mouvement plus large visant à créer des chaînes d’approvisionnement circulaires, ou boucles fermées, dans lesquelles aucun déchet n’est réellement produit et tous les matériaux peuvent être réutilisés et recyclés de manière durable.
Cette tendance doit s’intensifier pour rendre l’industrie de la mode plus durable dans son ensemble.
Premièrement, les systèmes de recyclage doivent devenir plus sophistiqués afin de pouvoir mieux trier et réutiliser les fibres. Cela implique une transformation fondamentale dans la façon dont les vêtements sont conçus, achetés et vendus.
Le modèle de mode rapide actuel est devenu insoutenable.
Entre les années 2000 et 2014, le consommateur moyen a acheté 60 % de vêtements en plus et a conservé chaque article deux fois moins longtemps, selon le World Resources Institute. Les consommateurs et les entreprises doivent s’habituer à acheter/à vendre moins de vêtements et de meilleure qualité. Il faut que les entreprises privilégient les matériaux éthiques et durables. Il faut que les consommateurs se tournent davantage vers des entreprises de location de vêtementspour les occasions spéciales. Et il faut que les gens s’habituent à donner et à échanger leurs vêtements afin de faire évoluer l’industrie de la mode dans le bon sens.
En incorporant des feuilles de bananier et des écorces d’orange dans ses vêtements, H&M montre qu’elle est prête à faire preuve de créativité mais il en faut faire davantage.
D’après moi, H&M devraient davantage se préoccuper des conditions de vie et de travail de leurs employés…
Bien que ce type d’initiative soit super, j’ai la sensation au vu du prix des items et compte tenu qu’il s’agit d’une collection très limitée, qu’il s’agit plus d’un coup de communication, qu’un véritable engagement. C’est parfois complexe en tant que consommateur d’interroger les initiatives des entreprises de fast fashion et de déceler lesquelles sont sincèrement engagées et celles qui font du greenwashing.
Ça vous intéresserait un article : comment déceler le greenwashing d’un véritable changement vertueux?
Pourquoi une plus grande transparence est importante pour l’industrie de la mode?
Lorsque le bâtiment du Rana Plaza s’est effondré il y a 6 ans au Bangladesh, tuant et blessant des milliers de travailleurs de l’habillement, les gens ont dû creuser dans les décombres. Les décombres ont été fouillés tout d’abord pour tenter de secourir les victimes ensevelies. Mais également pour prouver la responsabilité de certaines entreprises. En effet, c’est grâce à la présence d’étiquettes de vêtements sur les lieux, que certaines marques ont découvert qu’elles étaient liées à la catastrophe. Dans certains cas, il a fallu des semaines aux marques et aux détaillants pour déterminer pourquoi leurs étiquettes se trouvaient parmi les ruines et quels types d’accords d’achat ils avaient avec ces fournisseurs. Certaines de marques de vêtements ignoraient que leurs produits y étaient fabriqués dans les usines de Rana Plaza .
La grande majorité des marques de mode et des détaillants d’aujourd’hui ne sont pas propriétaires de leurs installations de fabrication.
Ainsi cela rend difficile la surveillance ou le contrôle des conditions de travail dans la chaîne d’approvisionnement hautement mondialisée.
Cela peut également parfois servir d’excuse aux marques.
En effet, le fait que ce ne soit pas leur nom, leur permet en partie de se soustraire à leur responsabilité. Cela s’avère utile en cas d’accidents, ou des pratiques inopportunes.
Les marques et les détaillants peuvent travailler avec des centaines, voire des milliers d’usines à tout moment. Pendant le processus de fabrication, nos vêtements sont touchés par de nombreuses paires de mains avant même qu’ils n’arrivent en boutique ou, de plus en plus, sur les sites de vente en ligne.
Une marque peut passer une commande auprès d’un seul fournisseur, qui séparer la commande et sous-traite le travail à d’autres usines.
Cela se produit régulièrement dans l’ensemble de l’industrie. C’est pourquoi il est extrêmement difficile de surveiller les pratiques des géants de l’industrie textile.
La sous-traitance est parfois non autorisée. Ainsi cela rend les travailleurs invisibles dans la chaîne d’approvisionnement. Dans ce cas là les risques de violation des droits de l’homme sont souvent plus élevé. Le manque de transparence a coûté des vies.
Après la catastrophe du Rana Plaza, il est devenu évident que l’industrie de la mode avait besoin de changement.
Depuis l’effondrement du Rana Plaza certaines choses ont changées.
De nombreuses usines ont été modernisées surtout au Bangladesh.
Cependant, il n’y a pas eu assez de changements dans les chaînes d’approvisionnement mondiales de la mode. Et les pratiques commerciales de l’ensemble de l’industrie sont encore très secrètes. En effet il est encore extrêmement difficile, d’obtenir des réponses sur la provenance de nos vêtements. Il est quasi impossible, pour un consommateur de savoir où ses vêtements sont fabriqués, par qui et dans quelles conditions. Ainsi cela signifie qu’il est extrêmement difficile de connaître les impacts réels, tant positifs que négatifs, de nos achats de vêtements sur la vie des gens et sur l’environnement.
Jamais plus une tragédie comme celle de Rana Plaza ne devrait se produire…
Pourtant les incendies d’usine, les accidents de sécurité et les bâtiments défectueux… font partie de la vie quotidienne des ouvriers textiles. Les personnes qui fabriquent nos vêtements subissent la pollution et les déchets créés par l’industrie.
Et le fait de demander davantage de transparence constitue le premier pas vers le changement.
La violence de cette catastrophe n’a pas été passée sous silence. Un immeuble qui s’effondre et qui tue 1135 travailleurs du textile et en blesse 2000. Ça fait un peu tache dans le secteur de la mode.
Un meurtre pour assurer des profits au maximum aux plus grandes marques de textile. Un meurtre à cause du mépris le plus total des règles élémentaires de sécurité et le refus d’appliquer les conventions de I’OlT.
Suite à cette catastrophe, les médias ont amplement relayé cet accident. Mais nous, consommateurs nous nous sommes brièvement émus.
Cependant, rien ne semble avoir changer dans notre façon de consommer la mode.
Les grandes enseignes continuent leurs manèges et continuent à faire du profit sur le dos de la santé des travailleurs et de planète.
Alors pour commémorer le triste anniversaire de l’effondrement du Rana Plaza dans la capitale du Bangladesh, j’aimerais rappeler que cet événement est le fruit de la volonté des entreprises :
— de faire dans l’urgence des collections, sans tenir compte de la capacité de production;
— de l’indifférence d’assurer conditions de travail décentes à ceux qui contribuent à leur succès;
—de faire fabriquer à des coûts salariaux dérisoires;
—de gagner la course au profit en achetant des produits le moins cher possible et en les revendant à de faibles prix et malgré tout avec une marge confortable.
Cette volonté de profit, toujours plus grand, conduit à la surconsommation et à la surpollution.
Mais si les mille victimes du Rana Plaza ont hélas eu les faveurs de l’actualité, il n’en va pas de même de celles qui meurent quotidiennement et à petit feu dans l’indifférence générale. Les employés de l’industrie textile travaillent chaque jour au péril de leur santé et de leur vie. Pour la confection de nos vêtements, ils utilisent de produits extrêmement dangereux qui ruinent leur santé.
Combien de travailleurs d’Asie meurent à petit feu parce qu’ils sont exposés à des produits nocifs et interdits?
Alors oui l’Asie c’est loin. En effet, ça ne se passe pas devant notre porte. Alors on ferme les yeux. Pourtant il s’agit des habits qui peuplent nos garde-robes. On continue d’acheter comme si nous étions insensibles au travail forcé d’enfant mineur. On continue de se procurer des habits comme si nous étions impassibles face à l’anéantissement de la santé des travailleurs. Les bas prix est-ce vraiment la seule chose à laquelle on souhaite porter de l’intérêt?
On dirait bien que oui. On préfère faire l’autruche, et faire semblant de ne pas voir, de ne jamais avoir entendu parler de toutes ces polémiques et histoires dérangeantes…
Cependant l’industrie textile est encore est là… Et trop peu de choses ont réellement changé.
Alors certes la mort au compte goutte des travailleurs de l’industrie textile, c’est moins spectaculaire que l’effondrement du Rana Plaza.
Mais qu’attendons-nous pour prendre des décisions à la hauteur de nos convictions?
Voici un commentaire qui revient souvent quand je parle de mode équitable sur le blogue : « J’aimerais bien créer une garde-robe plus éthique, mais je ne peux pas me permettre d’acheter des marques éthiques! ». Et je peux tout à fait comprendre. Dans un monde idéal, mon garde-robe ne comprendrait que des robes Reformation, des pantalons Elizabeth Suzann et des camisoles de soie Cuyana, mais en réalité, je n’ai tout simplement pas les moyens d’acheter exclusivement des marques durables et encore moins de remplacer toute ma garde-robe existante par des alternatives éthiques. Et je ne pense pas que beaucoup de personnes décident du jour au lendemain de changer leur garde-robe et de remplacer chacun des items.
Mais la bonne nouvelle c’est que pour avoir une garde-robe plus éthique il n’est pas nécessaire d’envoyer tout valser et de repartir de zéro.
En effet, acheter des vêtements de marques éthiques n’est pas la seule façon de « écologiser » votre garde-robe. En fait, il existe même bien d’autres façons de diminuer l’impact environnemental de notre garde-robe. Et soutenir des marques éthiques n’est que la pointe de l’iceberg d’un ensemble de stratégies que vous pouvez mettre en place.
Chacune de ces stratégies contribuent à réduire l’impact environnemental de votre garde-robe et contribuent à diminuer votre contribution à l’impact négatif de l’industrie de la mode rapide sur les travailleurs et l’environnement.
Et chacune de ces options est plus souhaitable que de se procurer une pièce de vêtement à faible coût, qui passera une partie de sa vie dans le fond de votre armoire avec tous les items que vous ne portez pas, et qui passera le reste de ces jours en décharge.
Examinons donc de plus près chacune des cinq façons de créer un dressing plus éthique :
Valoriser et prendre soin des vêtements que vous possédez déjà.
Prendre soin des vêtements que vous possédez (quelle que soit leur marque) est la meilleure et la plus simple chose que vous pouvez faire pour bâtir une garde-robe plus éthique. Réparez ce qui est cassé, lavez à la main ce qui doit être lavé à la main, pliez les pulls lourds au lieu de les suspendre, etc.
Les vêtements bien entretenus durent plus longtemps.
Cela signifie que les vêtements que vous possédez devront être remplacés moins souvent et que vous aurez moins besoin d’acheter de vêtements. Ainsi vous réduirez votre consommation de vêtements, et donc votre empreinte environnementale.
Achetez moins, choisissez mieux : n’achetez que des pièces que vous aimez à 100 %.
L’industrie de la mode rapide doit son nom à la rapidité avec laquelle les défilés et les collections sont livrés aux consommateurs.
Mais on l’appelle « fast fashion » également par rapport au fait que nous les consommateurs, nous la consommons presque comme du fast food. Et pour cause, aujourd’hui un t-shirt parfois vendu au même prix qu’un hamburger. Ainsi, avec ces petits prix la fast fashion, nous incite à consommer.
Mais la fast fashion décrit aussi la façon dont nous faisons nos achats aujourd’hui. Nous achetons, en ligne, à la va-vite, sans trop y penser et parfois même sans essayer.
Ainsi, nous nous ramassons avec de nouvelles pièces sans même avoir conscience de ces achats. La fast fashion est tellement bon marché, que l’on se dit parfois « que l’on peut se le permettre ». Le résultat : nous sommes nombreux et nombreuses à avoir des garde-robe plein à craquer avec la sensation de ne rien avoir à se mettre. Cette sensation de vide, nous pousse à magasiner… Bref c’est un cycle sans fin.
Alors comment pouvez-vous briser ce cycle? Commencez à mieux choisir!
N’achetez pas simplement la première paire de jeans qui vous va bien. Tentez de trouver celle que vous aimez réellement. Celle qui vous fait sentir belle. Celle que vous porterez pendant des années. Bref, cessez d’acheter pour une saison seulement, ou pour une photo Instagram.
Apprenez à être plus sélectif quand il s’agit d’acheter de nouveaux vêtements.
Pour cela, moi je me pose souvent une série de question. Combien de fois vais-je porter ce vêtement? Est-ce que si ce vêtement était 10 fois plus cher, est-ce que je l’achèterais également?
N’achetez pas sur le coup de l’émotion, ou d’une journée pourrie. Vous risquerez d’acheter des choses qui ne sont pas idéales et que vous voudrez remplacer bientôt. Au lieu de cinq chandails médiocres et bon marché, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez celui que vous aimez à 100 %.
En apprenant à attendre, vous parviendrez à acheter moins.
À la fois sur le court terme, mais aussi à long terme. En effet, en réfléchissant davantage, vous obtiendrez un dressing beaucoup plus satisfaisant et de meilleure qualité.
Optez pour des vêtements de qualité et durables.
Peu importe la marque, l’achat de vêtements bien coupés, bien confectionnés, et composés de matériaux de haute qualité est plus écologique que l’achat de vêtements de qualité médiocre.
Acheter des vêtements dans des tissus durables, avec des coutures solides, permet de les faire durer plus longtemps et de les remplacer moins souvent. Favoriser l’achat de vêtements de qualité permet également d’avoir moins de besoins de remplacer ces vêtements.
Acheter vintage ou occasion
Une autre excellente alternative économique à l’achat de marques éthiques est d’acheter des vêtements usagés afin d’éviter qu’ils ne se retrouvent dans des sites d’enfouissement. Aujourd’hui entre les multiples applications de vide-dressing et les friperies, il y a vraiment énormément de choix sur le marché de l’occasion. Cependant, parfois si on cherche une pièce bien précise, il fois parfois prendre son mal en patience. En effet, pour trouver ce que vous recherchez dans un magasin de seconde main, il faut parfois s’y rendre plusieurs fois, avant de trouver la pièce convoitée… En revanche, d’un point de vue environnemental comme d’un point de vue économique, le jeu en vaut la chandelle!
Soutenir les marques éthiques
Si vous voulez soutenir des marques éthiques, vous avez le choix entre de nombreuses options. Pour découvrir des marques éthiques, je vous invite à consulter mes articles sur l’initiative Go for Good ou sur l’application Good On You.
La nouvelle paire de chaussures Futurecraft loop d’Adidas pourrait changer la façon de concevoir des baskets.
La nouvelle basket fait partie de la stratégie d’Adidas de s’attaquer à la menace environnementale que représente le plastique. Le plastique encombre de plus en plus les décharges et contamine les océans. Adidas souhaite que ses futures chaussures ne soient plus jetées à la poubelle. La marque allemande souhaite que les chaussures puissent participer à l’économie circulaire. Ainsi, elle a conçu une paire de chaussure qu’elle présente comme recyclable à 100 %.
Une grande nouveauté donc, puisque jusqu’à présent les chaussures de course en fin de vie, finissent dans des sites d’enfouissement et des incinérateurs. En effet les chaussures de sport sont fabriquée avec des mélanges de matériaux complexes. Ainsi elles ne peuvent pas être séparées et recyclées.
Baptisée Futurecraft loop, la chaussure est 100% recyclable.
Une fois les chaussures de running Futurecraft.Loop usagées, il vous suffit de les retourner auprès des équipes adidas. Ensuite, elles sont alors lavées puis réduites en granules. Puis, elles seront refondues pour créer le matériau de base d’une nouvelle paire. Aucune perte, aucun déchet. Une vision circulaire et éco-responsable.
Mais le processus Futurecraft loop n’est pas encore 100 % optimal.
Une vieille chaussure ne crée pas littéralement une nouvelle chaussure. Bien que 100 % de chaque chaussure Futurecraft loop puisse être recyclée, ce matériau recyclé ne peut constituer que 10 % de la prochaine génération de chaussures. En effet, afin que les chaussures puissent conserver leur niveau de performance, il est à ce stade-ci nécessaire d’ajouter des matériaux neuf.
Ainsi, ce n’est pas exactement ce que tout le monde pourrait avoir à l’esprit lorsqu’il voit l’étiquette « 100% recyclable » figurant sur les lacets des Loops de première génération.
Mais Adidas espère améliorer ce ratio au cours des prochaines années. En effet, d’ici la commercialisation il est possible d’augmenter ce ratio pour finalement de parvenir à faire des baskets un produit qui puisse être plus circulaire.
C’est une révolution en terme de conception.
Cette paire de chaussure a été imaginée et conçue pour être recyclée en de nouvelles chaussures. La Futurecraft Loop est composée d’un seul et unique matériau, assemblé sans utilisation de colle. La Futurecraft Loop a été conçue en n’utilisant qu’une seule matière: du polyurethane thermoplastique (TPU). Il peut être travaillé de différentes façons. Il peut être aussi bien tissé, moulé que transformé en mousse. Ce polymère possède de nombreuses propriétés, notamment l’élasticité, la transparence et la résistance à l’huile, à la graisse et à l’abrasion. C’est donc cette matière plastique qui recouvre la totalité de ce nouveau modèle de basket. Tout est en polyurethane thermoplastique y compris la languette, les lacets, et la tige.
Le fait d’utiliser une seule matière facilite donc grandement le processus de recyclage.
En effet, pour être recyclable, pour être réellement recyclée une chaussure doit être conçue davantage comme une bouteille en plastique ou une boîte en carton ondulé. Il faut qu’elle ne comporte qu’un seul matériau. Ainsi elle peut être facilement être broyée et fondue. Puis réutilisé en boucle fermé.
Ça à l’air simple, dit comme cela, mais il a fallu près de 10 années de recherche pour parvenir à développer le projet Futurecraft.Loop.
Une autre avantage de la chaussure Futurecraft Loop?
L’utilisation d’un seul matériau a ouvert la voie à de nouvelles méthodes d’assemblage de la chaussure. Au lieu de coller et de coudre, Adidas s’est rendu compte qu’il pouvait fusionner les composants de la chaussure. Il est possible de fusionner les différentes parties soit par la chaleur, soit par la pression. C’est 2 techniques pourraient présenter des avantages aussi pour l’utilisateur. En effet, le fait que la chaussure soit scéllée la rendrait plus résistante que des méthodes classiques de confection des chaussures.
Le lancement commercial de la basket Futurecraft Loop est prévu pour le printemps 2021.
D’ici 2021, Adidas va également mettre faire tester 200 paires de chaussures afin de l’améliorer … Ils seront alors les premiers à tester les baskets Futurecraft Loop. Les testeurs devront porter la chaussure pendant environ six mois. Ensuite, ils devront retourner la paire afin qu’elle puisse être déchiquetée, traitée et éventuellement transformée en une toute nouvelle paire.
Il y a un certain nombre de défis importants qu’Adidas devra relever avant d’atteindre les objectifs de recyclage. Mais dans l’ensemble, cela semble être un pas dans la bonne direction.
Afin d’atteindre ces objectifs de recyclage, Adidas veut également inciter les propriétaires à participer au processus. Adidas travaille encore sur le concept marketing pour booster le recyclage de baskets. Adidas a évoqué la possibilité de vendre les paires de cette ligne Loop dans des boîtes spéciales avec un coupon de retour. Une fois la chaussure usagée, elle pourra être retournée gratuitement. Également Adidas envisage également d’offrir une récompense en argent. Il prévoit de rembourser entre 10 $ et 20 $, aux propriétaires qui déposeraient leurs chaussures dans un magasin à proximité ou qui les renvoient pour être recyclées.
Un système d’abonnement pourrait même être envisagé. Le concept de Loop prendrait ainsi véritablement tout son sens avec ce système.
Mais Adidas n’en est pas à son coup d’essai en matière de conception de chaussures visant à réduit son impact environnemental.
En effet, il y a deux ans, en collaboration avec l’ONG Parley for the Oceans, Adidas avait lancé une première paire de chaussures de sport fabriqué avec du polyester recyclé. De cette collaboration était née une chaussure fabriquée en majeure partie avec des filets de pêche illégaux confisqués par l’ONG Sea Shepherd,
Par ailleurs Adidas s’est également engagé à n’utiliser que du polyester recyclé dans chaque produit en 2024.
C’est toujours cool, que de constater que la marque allemande aux trois bandes, s’engage et innove pour produire des produits à l’impact environnemental moindre. En effet, lorsqu’une entreprise qui vend plus de 400 millions de paires de baskets chaque année, fait un geste de plus en faveur de l’environnement ça peut avoir de grandes répercussions.
Si tu n’a jamais entendu parler de cet évènement, saches que j’y ai déjà consacré plusieurs articles sur le blog. Vous pouvez les consulter ici.
Cet évènement a été créé pour honorer les 1138 personnes qui ont péri en 2013 dans l’effondrement de l’usine textile Rana Plaza au Bangladesh.
Cette semaine appelée la Fashion Revolution Week a pour but d’interpeller les marques et d’exiger plus de transparence sur les conditions de fabrication et de travail des personnes qui fabriquent nos vêtements.
Cette semaine est également consacrée à des discussions, des échanges, des ateliers, des défilés éthiques… afin de soulever le débat autour d’un mode plus responsable.
Fashion Revolution Week a pour but d’inciter à consommer la mode autrement. Elle a pour objectif d’interroger sur ceux qui la fabriquent ainsi qu’à réfléchir aux atteintes portées à l’homme et à l’environnement. Car rappelons-le la mode est la deuxième industrie la plus polluante au monde.
Comment exiger plus de transparence?
Interpeller les marques que vous portez!
Nous vous rappelons le principe de la démarche de la Fashion Revolution :
Chacun est invité à interpeller les marques sur la provenance de ses vêtements. Pour cela, il suffit de choisir une pièce dans son dressing, de la porter à l’envers, étiquettes apparentes, de prendre un selfie et de le publier avec le hashtag : #WhoMadeMyClothes sur vos réseaux sociaux.
Vous pouvez aussi leur faire parvenir une demande par courriel.
L’avantage du courriel, c’est que ça sort du contexte des réseaux sociaux et que celui-ci est facilement transférable. Même si les employés vont sans doute se renvoyer la balle pour y répondre et que parfois vous n’en obtiendrais peut-être pas, le fait d’envoyer la demande par courriel peut être contribuer à donner plus de visibilité à votre requête. En tout cas, c’est mon point de vue!
De plus, interpellez les marques de vêtement que vous portez par courriel peut également avoir un autre point positif : celui de ne pas faire de publicité à des enseignes un peu opaques à ce sujet là…
Interpeller les enseignes par courriel, c’est très facile!
Chaque jour de semaine, regardez les étiquettes des vêtements que vous portez, et adressez-leur un courriel. L’an passé pour interpeller les entreprises j’ai tout simplement pioché dans mon linge sale de la semaine pour bâtir ma liste d’envoi. C’est aussi simple que cela !
Voici un exemple de courriel que vous pouvez copier/coller et envoyer aux marques.
Celui-ci est inspiré du courriel proposé par le collectif Fashion Revolution. En effet, le collectif fournit même des modèles de courrier électronique que vous pouvez envoyer à vos marques de mode préférées, afin de vous faciliter le plus possible l’approche des grandes enseignes.
Lorsqu’on achète un vêtement aujourd’hui on ne pense pas au chemin que celui-ci a parcouru avant d’arriver dans les boutiques et dans nos placards.
Cependant lorsqu’on y pense à deux fois nos vêtements sont de véritables puzzles industriels dont l’étiquette ne reflète pas tout le chemin parcouru. En effet, nos vêtements font parfois le tour du monde avant de se retrouver en boutique. Un simple T-shirt en coton parcourt de multiples pays et des centaines de kilomètres avant de se retrouver dans nos placards. En effet le coton est souvent cultivé en Inde. Puis filé au Pakistan, teint en Chine et confectionné en Chine, au Pakistan, au Sri Lanka en Turquie ou encore en le Cambodge et le Bangladesh. Et si le vêtement en question comporte des boutons, des glissières ou encore des fermetures éclair, il se peut qu’elles proviennent encore d’un endroit différent! Bref, tout ça pour dire que peut importe ce qui est mentionné sur l’étiquette est grandement insuffisant pour avoir des informations nécessaires.
C’est ce que Lucy Siegle souligne dans son livre « To Die for: Is Fashion Wearing Out the World? »
Les entreprises de fast fashion mentent souvent par omission. Quand on les interroge au sujet de leur marge et des prix bas qu’ils parviennent à appliquer, la réponse se fait attendre.
Une des raisons de ces mensonges, c’est que chaque vêtement est issu d’une chaîne complexe :
La chaîne est compliquée à retracer. Les multinationales de la fast fashion sont rarement propriétaires des usines dans lesquelles leurs vêtements sont fabriqués. Il est d’ailleurs très fréquent qu’elles ignorent dans quelles usines leurs vêtements sont cousus.
Les entreprises de fast fashion préfèrent faire appel à des sous-traiteurs.
Cela leur permet en cas de problème de se déresponsabiliser en cas de problème ou de catastrophe, le cas échéant. Ainsi, les multinationales du textile préfèrent faire appel à une multitude de fournisseurs et de sous-traitants différents, qui eux-mêmes font appel à une multitude de fournisseurs et de sous-traitants différents, qui eux-mêmes… Bref. Cette chaîne à rallonge ne facilite pas la transparence. Ni une très grande éthique à l’égard des travailleurs et de l’environnement.
Afin de tenter de comprendre le cheminement que parcourent nos vêtements le collectif Fashion Revolution a suggéré d’interpeller les marques.
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Voici les bonnes nouvelles, les marques répondent!
Beaucoup de marques de mode éthiques et durables sont en mesure de vous montrer exactement qui a fait leurs vêtements et où ils sont faits. Elles peuvent prouver que leurs travailleurs reçoivent des salaires équitables et travaillent dans des conditions sûres.
Trouvez, suivez et soutenez ces marques!
Réinventer l’industrie textile !
La fast fashion est basé sur un monde consumériste et destructeur.
Je crois que nous sommes la génération du changement. Nous sommes la génération qui se soucie, qui pose des questions, qui demande plus qu’un joli produit. Nous demandons aussi un produit juste.
Si vous voulez participer à la génération du changement, passez le mot!
Sarahlazarovic
Partagez cet article ! Publiez- le sur les réseaux sociaux. Et achetez de vêtements dans des enseignes adéquates, et en seconde main… Que si vous en avez vraiment besoin !
Enfin, souvenez-vous acheter, c’est voter. Ainsi, nous avons le pouvoir de faire bouger les choses !
La réponse numéro un que j’obtiens quand je parle de mode éthique et durable, c’est que c’est trop cher. Je comprends, le prix de vente d’un vêtement éthique est plus élevé qu’un vêtement d’une enseigne de fast fashion. Cependant depuis que je fais plus attention à la provenance de mes vêtements, et que j’ai banni certaines compagnies de mes habitudes d’achats, je n’ai pas dépenser beaucoup plus d’argent. Ceci est notamment du au fait que j’achète moins de vêtements, mais de meilleure qualité. Désormais, j’achète de vêtements en les essayant. J’ai stoppé les commandes sur internet, avec lesquelles je finissais toujours pas gardé les articles « bof ». Vous savez le genre d’article qui vous plait moyennement, mais que vous gardez parce que vous avez la flemme de les rapporter. Bref, je suis parvenue à mieux dépenser grâce au concept du Cost Per Wear ou du rapport qualité-prix.
Le Cost Per Wear c’est quoi?
Pour acheter des vêtements avec un bon rapport qualité/prix : calculer le coût par utilisation.
Calculer le coût par utilisation d’un vêtement permet d’évaluer son rapport qualité-prix. Comme vous le savez, je suis désormais une grande fervente de vêtements de qualité. Vous savez le type de vêtement, qui perdure à travers les années, sans prendre une ride, ou plutôt sans prendre une bouloche. Je suis sûr qu’il fut un temps dans votre vie où vous pensiez que dépenser plus de 200 $ pour une paire de jeans était absurde (c’est peut-être même le cas en ce moment). Pour la plupart des gens, il est invraisemblable de dépenser cinq fois plus d’argent pour une paire de denims brut plutôt que pour des jeans pas chers disponibles dans n’importe quelle grande chaîne de magasins.
J’étais dans cet état d’esprit. Pourtant, aujourd’hui, je verrais à peu près n’importe quel achat au centre commercial comme un gaspillage de mon argent. La raison de ce choix est liée à un concept appelé « Cost Per Wear », ou le « coût par utilisation » en français. Au lieu de vous attarder au prix de vente d’un article, vous devriez davantage prêter attention au coût par utilisation, lorsque vous envisagez de faire un achat.
Qu’est-ce que le coût par utilisation?
Le coût par utilisation (CPU) est une idée simple : la valeur d’un article est directement liée à son utilisation.
Considérez tout ce que vous possédez (ou pourriez posséder) moins comme des objets statiques et plutôt comme des choses dont vous pouvez tirer profit. Si vous achetez une chemise pour 100 $ et que vous la portez une seule fois, elle vous coûte 100 $; si vous la portez de nouveau, chaque vêtement coûte maintenant 50 $; cent fois et chaque vêtement coûtent 1 $, vous comprenez le principe?
Vous pouvez calculer le coût par utilisation sur n’importe quel article. Il suffit de prendre en compte son prix d’achat, plus le coût de l’entretien et en le divisant par le nombre total de fois qu’il a été utilisé.
Supposons que vous achetez une paire de bottes pour 200 $ et que vous les portez 300 fois. Puis, au bout de 300 utilisations, elles sont légèrement abîmées alors vous dépensez 100 $ pour les faire ressemeler. (PS : pas. d’inquiétude, mon cordonnier n’est pas un voleur, j’essaie juste de simplifier le calcul pour faciliter la compréhension du concept). Après réparation de vos bottes, vous les portez à nouveau 300 fois de plus. Votre coût total est de 300 $ pour environ 600 utilisations. Cela signifie que votre paire de bottes vous coûte environ 50 cents à chaque fois que vous les portez.
Comparez cela à une paire de baskets qui coûte 100 $. La différence entre la paire de baskets et la paire de bottes, c’est que les baskets sont rarement réparables. Ainsi, vos portez vos baskets environ 150 fois, et elles sont bonnes à jeter. Ainsi la paire de baskets vous revient à 66 cents l’utilisation.
La morale de cette histoire, c’est que même si les bottes coûtent trois fois plus cher que les baskets à l’achat, elles serviront quatre fois plus longtemps que les chaussures de sport. Ainsi elles seront donc « moins chères » à long terme.
L’esprit du coût par utilisation
La durabilité est certainement le facteur clé dans le coût par utilisation.
Cependant la plupart des gens se lassent de leurs vêtements avant la fin de vie des vêtements et s’en débarrassent bien avant qu’ils ne soient usés. Pour tirer le meilleur parti de CPU, vous devez vraiment aimer et apprécier les choses que vous possédez. Pour tirer le meilleur parti du CPU il faut à la fois, aimer les habits que l’on achète, mais également les aimer longtemps.
Également, il faut acheter de la qualité, pour que le principe du coût par utilisation soit vraiment rentable.
En effet, si j’achète par exemple une paire de sandales jolies comme tout chez Zara pour 50 $, que je les porte durant l’été, mais à la fin de l’été elles ont besoin d’un ressemelage, car la mine semelle est bientôt trouée. Le problème avec ce type d’article dont le coût d’achat est bas, c’est que ce n’est pas vraiment rentable de dépenser 30 $ pour réparer un article de 50 $.
Acheter des produits de qualité
Si au lieu d’acheter un portefeuille chez Ardenne pour 15 $ chaque saison, je choisit d’en acheter un de la marque Longchamp à 300 $, c’est certain que je ne vais pas vouloir le changer, dès qu’un autre modèle verra le jour.
Voici un exemple, de 2 portefeuilles, l’un coûte 300$ l’autre coûte 15$. Leur prix d’achat est très différent, mais leur coût d’utilisation est le même.
Un portefeuille Longchamp que j’utilise depuis 5 ans
Un portefeuille à 15 $ que je vais portez durant 3 mois, ensuite il sera probablement trop sale, et je déciderais de le remplacer.
Attention cependant, un coût d’achat élevé n’est pas nécessairement synonyme de qualité.
En revanche, le contraire est plutôt vrai. La plupart des vêtements que l’on trouve dans les boutiques de fast fashion sont si bon marché qu’ils en deviennent presque jetables.
Et c’est certain que si la fermeture de mon portefeuille Ardenne à 15$ brise, je ne vais pas prendre le temps de l’apporter chez un cordonnier ou un couturier pour le réparer. Je vais plutôt aller en acheter un nouveau. Car dans le cas d’un article à 15$, il est moins cher d’en acheter un neuf que de le faire réparer. En revanche, si la fermeture de mon portefeuille Longchamp se casse, il est fort probable que je demande à un couturier ou un cordonnier de la changer. En effet, si vous possédez des objets plus chers, vous les traiterez avec beaucoup plus d’attention. Vous aurez aussi plus de chances de faire réparer et de les entretenir, afin de prolonger leur durée de vie.
De plus, je ne voudrais pas être mauvaise langue, mais il est fort probable également, qu’en dépensant une plus grosse somme d’argent dans une pièce de qualité, et bien que vous n’ayez pas de problème de bris de fermeture, par exemple.
Le problème c’est que les achats plus onéreux sont moins faciles, et moins accessibles. En effet, ce n’est pas n’importe quel ménage qui peut se permettre de dépenser 300 $ dans un portefeuille. Cependant, en considérant ce type de dépenses comme de véritables investissements sur le futur vous permettront de finalement mieux dépenser votre argent.
Acheter des choses qui peuvent être réparées
Si vous êtes capable de réparer quelque chose, il est beaucoup plus probable qu’il durera plus longtemps que quelque chose non réparable.
Certains articles sont même spécifiquement conçus pour être irréparables (comme par exemple les collants en nylon), afin que vous soyez contraint d’en acheter un autre. Combien de paires de collants avez-vous achetées depuis les 10 dernières années? Personnellement j’en ai plusieurs paires, mais je n’en porte qu’une seule, et ce depuis près de 10 ans. Il s’agit d’une paire de collants Wolford. Certes, ils sont plus dispendieux à l’achat, mais ils sont durables. De plus, ils sont ultra confortable, et lorsque je les mets le matin je n’ai pas d’inquiétude à l’idée qu’ils soient abîmés lors de mon 5à 7.
Chaque fois que vous faites un nouvel achat, pensez d’abord à savoir si l’objet que vous envisagez d’acheter peut être réparé : cette paire de pantalons pourrait-elle être rapiécée ou réparée? Les verres de ces lunettes de soleil peuvent-ils être remplacés s’ils se rayent ou se fissurent? Cette chaussure pourrait-elle être ressemelée? La surface de ce bureau pourrait-elle être refaite? etc.
Et au-delà du concept de base que les « choses réparables durent plus longtemps », le simple fait de prendre soin de quelque chose peut également les faire durer plus longtemps.
Qu’il s’agisse de cirer vos bottes, de recoudre un trou ou dans votre chandail ou de changer la chaîne sur un vélo… Prendre soin de nos affaires permet d’allonger leurs durées de vies.
En électronique, c’est ce qu’on appelle l’« effet Tamagotchi ». C’est en référence aux animaux de compagnie numérique qui étaient populaire auprès des enfants dans les années 90.
Les jeunes de ma génération ont connu ce petit jouet. Le principe était de nourrir, laver et soigner l’animal virtuel. L’objectif était de le faire vivre pour le plus longtemps possible. On s’attachait à notre animal de compagnie virtuel, parce qu’on prenait soin de lui, en appuyant sur un bouton pour remplir ces besoins primaires… Et bien il en va de même pour ce que nous possédons. Lorsque nous prenons soin de nos affaires, elles durent plus longtemps.
Quels sont vos meilleurs et vos pires achats du point de vue de CPU? Dites-le-moi dans les commentaires!
Pour moi, l’article coût par utilisation le moins cher que je possède est une paire de bottes. C’est ma grand-mère m’avait offerte alors que j’étais au collège. Il me semble que j’avais 14 ans. Je crois qu’elles avaient coûté près de 150 euros. Plus de 10 ans plus tard, elles sont toujours en superbe état. Et devinez quoi : elles n’ont jamais vu le cordonnier.. Pour moi, qui détruit les chaussures de façons assez rapides c’est un miracle!
Enfin, l’article coût par utilisation le plus cher c’est difficile à déterminer. Car désormais dans mon placard, il n’y a que des choses que je porte. Cependant, je pense que l’article CPU le plus cher est sans doute une paire d’escarpins. Je l’avais payé environ 100 $ et j’ai dû les porter 2 fois. Désormais, je sais que je préfère de loin porter des chaussures plates plutôt que des escarpins. Alors je fais attention, à ne plus acheter des chaussures que je trouve simplement jolies. Je pense toujours à combien de fois est-ce que je pense les porter avant de les acheter.
L’idée du coût par utilisation c’est de réfléchir également aux choses que nous possédons.
Je pense que ça va clairement le coût d’investir dans tout ce dont vous allez vous servir au quotidien. Mais de ne pas acheter en trop.
Par exemple pour sortir un peu du registre vestimentaire, offrez vous des belles assiettes pour tous les jours. En effet, plutôt que d’investir dans un beau set que vous n’utiliserez que lorsque vous recevez des d’invités, offrez vous de beaux objets pour le quotidien. Ainsi plutôt que d’avoir en double de la vaisselle dans vos placards, vous posséderez 1 seul set, mais qui vous rend vraiment heureux!
Bref, le principe du coût par utilisation est bénéfique pour vous, pour l’environnement et pour votre portefeuille!
Dans le cadre du festival mode design de Montréal, ETHIK Eco-Design Hub et FEM international se sont joint pour organiser un débat-conférence autour de l’écosystème de la mode canadienne.
Le débat était modéré par la journaliste de mode Lolita Dandoy et fondatrice du blogue Fashion Is Everywhere. Les panélistes présents étaient Lis Suarez Visbal, fondatrice de FEM International et ETHIK Eco-design Hub, Stéphane Guérard, directeur général de Certex, Éric Wasana, fondateur de la marque Yoga Jeans, Léonie Daignault-Leclerc, fondatrice de la marque Gaia & Dubos et Kate Black, fondatrice d’EcoSessions et auteure du livre « Magnifeco: Your Head-to-Toe Guide to Ethical Fashion and Non-toxic Beauty ».
Voici un petit résumé/aperçu des échanges. Après une courte présentation de chacun des intervenants, Lolita Dandoy les invite à tenter de définir ce qu’est la mode éthique.
La mode éthique se donne la lourde tâche de diminuer l’empreinte écologique des vêtements qu’elle produit en privilégiant une approche équitable du commerce.
C’est une mode qui remet l’humain au centre de ces préoccupations. C’est une mode qui tente d’avoir l’empreinte la plus faible possible sur l’environnement.
Il existe une multitude de termes pour la qualifier. On parle de mode bio, de mode équitable, de mode made in Québec, ou de made in Canada, de mode recyclée, d’upcycling et le tout est parsemé de diverses certifications. Bref dans tout ce brouhaha d’appellations et de certifications le consommateur est perdu.
En effet, la mode éthique est insuffisamment lisible pour le consommateur non spécialiste.
De plus, l’impact écologique des vêtements s’évalue en tenant compte de nombreux critères.
Pour limiter l’impact environnemental des vêtements, optez pour des matières naturelles et biologiques. Les matières synthétiques proviennent souvent du pétrole. De plus, si vos vêtements ne sont pas certifiés biologiques, ils contiennent souvent des pesticides et des produits chimiques. Ces derniers polluent la terre et votre corps! Il est aussi préférable de choisir des matières recyclées ou réutilisées afin de limiter l’utilisation des ressources! Également, il est préférable d’opter pour des matières biodégradables qui pourront se décomposer en fin de vie sans émaner des gaz nocifs. Idéalement il faut aussi choisir des vêtements certifiés écologiques, et produits. Enfin, optez pour des vêtements ajustables, modulaires, réversibles ou transformables. N’en achetez pas trop! N’oubliez pas, il y a seulement 7 jours dans une semaine. Préférez les coupes classiques. Également, optez pour des vêtements qui vous siéent à ravir, car le vêtement qui pollue le plus, c’est le vêtement qui n’est pas porté.
Bref, beaucoup de critères entrent en jeu… Par conséquent il n’y a pas vraiment de définition universelle de la mode éthique. Cela est notamment dû au fait qu’il n’existe pas de label universel qui garantirait ou évaluerait l’ensemble de la chaîne de production d’un vêtement.
La mode est floue dans ses appellations, mais aussi dans l’encadrement des différents labels qui la compose.
Le fait qu’il n’existe pas de label universel est particulièrement problématique car le consommateur a besoin de repères auxquels se référer.
Pour favoriser l’émergence d’une mode plus éthique, il faudrait mettre en place en organisme indépendant qui serait capable de renseigner de façon neutre et indépendante sur la provenance, et l’éthique de la fabrication des produits. Comme c’est le cas pour l’aliment avec le label « BIO » ou la certification « Aliments du Québec » pour les aliments.
Mais alors, comment être sûr que nos achats répondent vraiment à des critères équitables et écologiques?
Il faut deux choses, d’une part que le consommateur soit prêt à se renseigner davantage sur les marques qu’il achète. Et d’autre part, il faut que les entreprises fassent davantage preuve de transparence pour certaines, et d’efforts pour communiquer sur leur démarche ainsi que ce que cela implique.
Alors que les enseignes de fast-fashion manquent parfois de transparence, les créateurs de mode sont parfois dotés de petites équipes, qui par conséquent n’ont pas les mêmes budgets marketing et publicitaire à investir.
Mais heureusement, parfois même sans grosse équipe de communication, il est possible de faire beaucoup en matière de comm ». C’est le cas que Léonie Daignault-Leclerc et de sa compagnie Gaia & Dubos. Avant même de lancer sa marque de vêtements, elle s’est mise à communiquer sur le blogue « Gaia & Dubos » autour des enjeux de la mode éthique. Sur son blogue elle aborde des thématiques telles que « Les impacts catastrophiques de l’industrie de la mode » ou sur « Les désastreux impacts du nettoyage à sec » par exemple.
Gaia & Dubos est une marque québécoise de mode durable pour femmes.
Elle crée des vêtements élégants, féminins et confortables. Ils sont confectionnés avec des matériaux écologiques. Ils sont fabriqués au Québec, par 3 couturières qui travaillent de chez elle dans des conditions de travail éthiques.
Pour Stéphane Guérard, directeur général de Certex, la mode éthique serait un oxymore.
En effet, par définition la mode éthique pour être à la mode doit être dans la mode. Or celle-ci par définition se démode. Quoi qu’il en soit le résultat est désastreux. D’ailleurs chez Certex, ils sont confrontés aux limites du système actuel de l’industrie du textile. Certex reçoit un camion 53 pieds de vêtements chaque jour. Parmi les vêtements collectés, on retrouve des vêtements neufs, qui comportent encore des étiquettes… Ce qui reflète bien la société dans laquelle nous évoluons.
Le deuxième paradoxe majeur de la mode éthique est le côté temporel.
Comment être à tendance – c’est-à-dire à la dernière mode – si l’on refuse de se soumettre au rythme effréné que dicte l’industrie de la mode? En effet, contrairement à la slow fashion, la fast-fashion met en marché chaque semaine des nouvelles collections dans un cycle court.
Malgré les contradictions inhérentes à l’appellation mode éthique, certains acteurs tentent de faire un changement positif dans l’industrie. C’est le cas d’Éric Wazana et de son entreprise Yoga Jeans.
L’attrait Éric Wazana pour le denim remonte à son enfance. Chaque année, avant la rentrée scolaire, sa mère lui offrait une paire de jeans. Et chaque fois, ÉricWazana ressentait le besoin de les transformer. Il les usait contre le trottoir, les frottait avec du papier de verre et utilisait des bouchons de bouteilles de Coca-Cola pour créer des déchirures. Bref, le jeans est par excellence la pièce vedette de notre garde-robe. C’est celle que l’on aime porter quotidiennement et qui traverse parfois les années. Afin que le jeans puisse encore en 2018 rester ce vêtement qui nous suit dans nos pérégrinations et qui traverse les épreuves avec nous, il faut qu’il soit bien ajusté et bonne qualité. C’est justement l’ambition d’Éric Wazana avec sa compagnie Yoga Jeans, il l’a créée avec l’ambition de créer les jeans les plus confortables au monde.
Pour parvenir à créer un jeans confortable, le processus de recherche et développement à durer plusieurs années. Également, Yoga Jeans produit de façon locale afin de rester proche de leur marché. En effet, en 2011 alors que l’industrie du vêtement se délocalisait presque totalement, les frères Wazana ont fait le pari de continuer la fabrication au Québec pour honorer la qualité et cultiver le savoir-faire local.
Quoi qu’il en soit, il y a encore beaucoup d’éducation a faire sur le prix juste.
Même en communiquant au maximum sur les enjeux de la mode éthique, et sur les détails des composants du vêtement, le consommateur est dur à convaincre. Il hésite encore à mettre la main au portefeuille, car il a le « sentiment d’un surcoût significatif ». En effet, entre une robe « Gaia & Dubos » et une robe « H & M » il y a un écart. Et c’est normal. Ces deux entreprises n’ont absolument rien à voir.
Cependant la conscience collective sur les coûts cachés des prix bas progresse grâce aux émissions « chocs ».
De plus en plus de médias tirent la sonnette d’alarme. Dernièrement, l’émission de télévision française Cash Investigation diffusée sur France 2 a mis la lumière sur le travail forcé dans les champs de coton ouzbek, dans son enquête intitulée « Coton : l’envers de nos tee-shirts« .
Également plusieurs associations environnementales mettent en lumière les problématiques sous-jacente à l’industrie textile. La campagne Détox de Greenpeace par exemple, a levé le voile sur l’utilisation de composés chimiques toxiques dans le textile.
Enfin, hélas, les scandales et les accidents dramatiques comme l’effondrement Rana Plaza au Bangladesh, qui a fait plus de 1 100 morts parmi les ouvriers travaillant pour les plus grandes marques occidentales participent également à faire évoluer les mentalités.
De nombreuses entreprises de fast fashion ont abandonnés le coton bio pour le coton Better Cotton Initiative (BCI).
Je vous explique plus en détails ce revirement de situation! De plus en plus de marques telles que H & M, Okaidi, Puma, Bonobo, ont rejoint le programme de culture Better Cotton Initiative.
Mais au fait Better Coton Initiative c’est quoi ?
L’association BCI a pour but de promouvoir une amélioration sociale et environnementale de la culture du coton. Elle réunit des parties prenantes intervenant sur la filière cotonnière, ainsi que des ONG comme le WWF et des multinationales. Suite à un processus de consultation des acteurs de la filière, la BCI a élaboré un système d’accompagnement. Il ne s’agit pas d’une certification, ni d’un label! Très important! Le coton produit sous la bannière BCI répond à des critères de production, une procédure d’évaluation des exploitations agricoles et un mécanisme de suivi pour mesurer les progrès accomplis.
En effet, derrière les étiquette Conscious, coton responsable, et autres initiatives de marketing ou de green washing, on s’aperçoit que le coton BCI ne provient pas de l’agriculture biologique, ou de quelque chose qui y ressemble.
Dans les positions de principes Better Cotton, les semences génétiquement modifiées sont autorisées. Le programme BCI autorise l’utilisation du coton Bt transgénique.
De plus, le programme Better Coton Initiative ne prévoit aucune prime à l’achat de semences non génétiquement modifiés. Comme c’est le cas pour d’autres labels. En effet, pour aider les paysans dans leurs démarches, certains labels soutiennent financièrement l’achat de semences non OGM.
Ce qu’on retient donc du document qui présente les Principes et les Critères de Production du Better Cotton c’est que pour recevoir la licence pour cultiver du coton BCI, les producteurs doivent d’abord satisfaire à une série d’exigences minimales. Une fois ces dernières complétées, les producteurs sont certifiées. Puis ils sont encouragés à se développer par le biais d’exigences d’amélioration définies. Le respect des standards établi BCI est évalué par les producteurs eux-mêmes! Mais il est tout de même vérifié annuellement par des partenaires de BCI. Enfin, des contrôles ponctuels et aléatoires sont effectués par des auditeurs externes à une fréquence qui n’est pas communiquée.
Ce qui est un peu stupéfiant avec le coton BCI c’est que les critères sociaux ne couvrent pas entièrement certains aspects qui d’après moi centraux, comme le salaire ou le temps de travail.
Également le système d’accompagnement BCI n’exige pas le versement d’un salaire vital pour les travailleurs du secteur. Plus affligeant encore, les mesure prises contre le travail des enfants par exemple ne s’appliquent uniquement pour les agriculteurs, et non sur toute la chaine de production d’un vêtement BCI.
Pire encore sur le plan environnemental le coton de la Better Coton Initiative n’a absolument de bio.
La BCI permet l’utilisation de pesticides, herbicides et d’insecticides tel que l’acéphate, le copper Oxychloride, le pendiméthaline, et autres produits phytosanitaires …
Le coton BCI peut donc être cultivé avec une ribambelle des pesticides.
Le bannissement des produits chimiques ne fait pas partie des exigences minimales. Pour les agriculteurs, produire du coton BCI signifie qu’ils se sont engagés à suivre une formation pour utiliser moins de produits chimique à l’avenir, de façon à minimiser les conséquences négatives des pesticides. Mais il reste tout de même grotesque de revendiquer l’amélioration sanitaire en permettant l’utilisation de produits chimiques.
En revanche, on recommande aux agriculteurs par exemple, de porter des gants, des lunettes, et de quoi se couvrir le visage lors de l’épandage de produits toxiques. Cependant dans la pratique, peu d’agriculteurs qui suivent ce type de recommandations. De plus, ces recommandation sont totalement vaines, si l’on considère l’absence du tout à l’égout dans les villages. Les familles sont donc en contact direct avec de l’eau insalubre.
Mais le scandale du coton BCI ne s’arête pas là.
Les tee-shirts que l’on vous vends comme plus responsables, ne sont pas réellement produit avec du coton cultivé dans le cadre BCI.
En effet, le système Better Coton Initiative repose sur ce qu’on appelle la balance de masse.
C’est à dire qu’au départ il y a un agriculteur qui s’engage à faire du coton avec moins de pesticides, et moins d’eau et sans faire travailler d’enfants.Voici en gros les fameuses exigences minimales. Ainsi à partir du moment où l’agriculteur prend cet engagement, le coton produit peut vendu sous la bannière Better Coton Initiative. Mais entre le coton cultivé par l’agriculteur et le produit fini il y a un monde! Et c’est là que les choses se corsent.
En effet, quand le coton du fermier Better Coton Initiative arrive à l’entrepôt de filature, il est mélangé aux autres cotons sans distinction.
Dans la comptabilité de l’usine de filature en revanche il y a des unités de coton Better Coton Initiative. Ainsi si l’usine a acheté 100 tonnes de coton BCI elle dispose de 100 unités de coton BCI. Ainsi quand une entreprise commande 100 tonnes de coton BCI, elle reçoit des unités de coton totalement virtuelles.
À l’arrivée dans les produits fabriqués avec du coton BCI, il peut aussi bien y en avoir un peu, beaucoup, intégralement, ou pas du tout. C’est complètement aléatoire.
L’intérêt de la balance de masse pour les entreprises est particulièrement intéressant. Car l’usine qui fabrique les vêtements peut acheter du coton BCI, mais elle n’est pas obligée de se servir du même coton pour faire des pièces « certifiées » BCI.
Contrairement aux autres labels biologiques, qui exigent que pour faire du fil biologique il faut l’entreprise de filature utilise du coton bio, le coton BCI est plus permissif. En effet, pour faire du coton BCI, l’usine peut utiliser n’importe quel coton. En gros cela signifie que dans un tee-shrit certifié BCI, on peut très bien retrouver du coton Ousbek et de la sueur de travailleurs forcés.
C’est pour cela entre autres, que je jugeais que les critères sociaux étaient pas mal permissifs.
De plus, un autre avantage pour les entreprises de filatures, c’est qu’il est possible de vendre du coton BCI sans même en avoir en stock, tellement le système BCI est déconnecté du produit.
Résultat en seulement quelques années, le coton sourcé en tant que BCI est devenu un des programmes de culture le plus plébiscitée auprès des grandes enseignes de fast-fashion.
Aujourd’hui le coton BCI représente près de 12% du coton mondial. Sauf que l’envolée du coton BCI, se ferait peut-être au détriment du coton biologique.
En effet, depuis 2010, la production de mondiale de coton biologique a chuté. Avec l’alternative BCI, certaines entreprises ont décidées d’arrêter ou presque leur achat de coton bio. Par exemple Decathlon en 2013, faisait partie de principaux acheteurs mondiaux de coton biologique. Decathlon a pratiquement arrêté le coton Bio, au profit du coton BCI. Pareil pour Puma. Puma a acheté d’importantes quantités de coton biologique pour finalement en 2015 cesser au profit du coton BCI.
Ce revirement de position de la part des grandes entreprises a également des consequences du coté des producteurs de coton.
En effet depuis le succès de BCI certains agriculteurs abandonnent le coton biologique au profit du coton BCI.
Cash investigation dans leur reportage le « Coton l’envers de nos tee shirts ! » est allé à la rencontre d’un producteur de coton appelé Raju Solanki.
Il témoigne du fait qu’il a abandonné l’agriculture de coton biologique au profit du coton BCI. Ainsi, il produit du coton avec des semences génétiquement modifiées. Et utilise un certain nombre d’herbicides. D’ailleurs certains sont même interdits dans les pays occidentaux pour leur toxicité. C’est décevant de constater le retour de agriculteurs vers des produits chimiques dont ils avaient auparavant appris à se passer.
C’est donc ça le progrès avec le coton BCI ?? Le coton BCI est-il entrain de tuer le coton biologique?
Peut-on vraiment prétendre vouloir améliorer la culture du coton conventionnel, avec des plants transgéniques?
Images: Cash investigation « Coton l’envers de nos tee shirts »
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