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L’envers du décor : la 2e vie des vêtements usagés

Quand vient le printemps ou tout autre changement de saison, nous sommes nombreux et nombreuses à faire le tri dans notre garde-robe.

Nous mettons de cotés, les articles que nous n’avons pas portés au cours des derniers mois … Ou au cours des dernières années… Mais qu’arrive-t-il aux vêtements usagés que nous ne portons plus? Dans le meilleur des cas, nous les donnons à nos proches ou à nos amis. Parfois, nous les échangeons. Parfois également, nous les apportons à une organisation de charité ou à un organisme comme l’Armée du Salut pour en faire don. La plupart des consommateurs qui font dons de leurs vêtements pensent que leurs pièces indésirables bénéficieront à quelqu’un qui en a besoin. Ainsi, une fois débarrassés du trop plein de notre garde-robe, nous nous félicitons de notre don. Et nous repartons le cœur léger…

Cependant, le voyage d’un vêtement donné peut ne pas être aussi linéaire que vous le pensez. Voici qui arrive réellement à vos vêtements donnés.

Les vêtements collectés suivent un processus très complexe qui comporte beaucoup d’intermédiaires.

Contrairement à la croyance populaire (naïve), moins de 20 % des dons de vêtements envoyés à des organismes de bienfaisance sont effectivement revendus dans ces organismes de bienfaisance. Les 80 % des dons restants sont généralement envoyés à des recycleurs de textiles qui déterminent ensuite le cycle de la deuxième vie du vêtement.

Près de la moitié des dons seront exportés et vendus dans les pays en voie de développement, tandis que l’autre moitié sera recyclée en chiffons et en isolants ménagers.

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Pourquoi est-ce qu’on exporte les vieux vêtements ?

Elizabeth Cline, auteur d’Overdressed explique « il y a beaucoup plus de vêtements non désirés aux États-Unis qu’il n’y a de demande ». Ainsi, pour rééquilibrer le marché des vêtements de seconde main, les organismes de bienfaisance exportent une grande partie des vêtements reçus. Les organismes de bienfaisance reçoivent beaucoup plus de dons de vêtements que ce qu’ils pourraient vendre dans leurs friperies. Alors pour ne pas les jeter, et pour trier un revenu de ces vêtements collectés, ils font affaires avec des entreprises de tri et d’exportation de textiles. Cela leur permet de trouver un débouché pour vendre et écouler les vêtements récoltés.

Vous l’aurez compris, il y a peu de chances que votre vieux jeans se retrouve porté par l’itinérant du coin…

Cependant, la revente de vos dons, va tout de même aider l’organisation dans sa mission caritative.

Je pense que certains d’entre vous pourraient se sentir bernés ou mal à l’aise avec l’idée que quelqu’un, quelque part, tire profit de vos dons de vêtements. Mais il faut voir cela d’un point de vue pratique. Les organisations auxquelles on fait dons de nos vêtements nous fournissent un service. Ils font disparaître ces vêtements non désirés.

Cette situation d’exportation des vêtements usagés vers les pays en voie de développement est une conséquence de la fast fashion (mode rapide).

Les Américains achètent cinq fois plus de vêtements que dans les années 1980. La quantité de vêtements que reçoivent les organismes de bienfaisance et les friperies a doublé au cours des 15 dernières années, car les gens se séparent beaucoup plus souvent et plus souvent qu’avant. Une grande raison est la montée de la mode rapide.

Ainsi, par exemple les États-Unis envoient à l’exportation plus d’un milliard de livres de vêtements usagés par an. La plupart de ces textiles excédentaires sont acheminés vers des pays d’Afrique de l’Est comme le Kenya, le Rwanda et l’Ouganda.

La mode rapide nous a permis de développer une dépendance à l’achat de vêtements et, en même temps, elle nous a vraiment aidés à élever la culture du jetable.

Depuis l’inondation des marchés par la mode rapide, les pays occidentaux consomment la mode comme quelque chose de jetable. En 2015, l’association britannique Barnardo’s a interrogé 1 500 femmes de plus de 16 ans. L’étude révèle qu’en moyenne un vêtement n’est porté que sept fois. 33 % des femmes interrogées considèrent que les vêtements sont « vieux » après les avoir portés moins de trois fois. Des statistiques alarmantes quand on s’est l’impact environnemental d’un t-shirt.

Selon Kestrel Jenkins cette dépendance au shopping est due aux médias sociaux.

« Pensez au fait que beaucoup de blogueurs porteront une chose une fois et ne la porteront plus jamais », dit-il. Cela ne signifie pas nécessairement qu’ils le donnent tout de suite, mais la culture Instagram nous amène à croire que nous devrions avoir honte d’être vus plus d’une fois dans la même tenue.

Je pense également qu’Instagram et le hastag #ootd encourage la surconsommation de vêtements. J’ai d’ailleurs consacré un article à la tendance du “snap and send back”.

Les gens donnent trop rapidement les vêtements qu’ils achètent car la qualité des vêtements achetés est moindre.

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Une solution simple consiste à magasiner mieux.

  • Il faut cesser d’acheter des pièces tendance, à la mode, au profit de vêtements aux coupes plus intemporelles.
  • Préférer acheter un jeans plus cher, mais dont la coupe vous va parfaitement, et qui est fait pour durer.
  • Pensez à la fin de la vie d’un vêtement lorsque vous achetez quelque chose de nouveau.
  • Penser à combien de fois vous pourriez le porter : allez-vous pouvoir l’intégrer dans votre garde-robe et l’utiliser de multiples façons et vraiment lui donner la vie qu’il mérite?
  • Assurez-vous de poser suffisamment de questions lorsque vous faites un achat de vêtements. Plus une marque est transparente mieux c’est. Elle doit pouvoir être transparente sur le lieu de fabrication. Elle doit également être capable de mentionner les fibres utilisées et leurs provenances.
C’est un processus fastidieux, mais nécessaire.

Enfin, si vous ne souhaitez pas que vos vieux habits aient un fort impact environnemental lors de leur 2e vie, essayez de les donner à quelqu’un.

Pensez par exemple à organiser une soirée swap entre ami(e)s. C’est une des meilleures façon d’assumer la responsabilité de vos propres vêtements non désirés.

Cependant, si à l’issue d’une soirée de dons ou d’échange vos vêtements n’ont pas trouvés preneurs, apportez-les à une association.

Même si le fonctionnement de associations ne peuvent vous renseigner sur la seconde vie de vos vêtements, il reste primordial de se débarrasser adéquatement. Cela signifie que vous ne devez jamais jeter vos vêtements ou autres textiles à la poubelle. Le citoyen américain moyen jette environ 80 livres de vêtements et de textiles par an. Si vous disposez de vos vêtement de façon non responsable, il y a de fortes chances que celui-ci finisse sa vie dans une décharge ou dans un site d’enfouissement. Dans les 2 cas, la décomposition des fibres textiles va émettre une pollution toxique. Alors même si vous n’êtes pas 100 % d’accord avec la façon dont les organismes de bienfaisance disposent des vêtements que vous donnez, ça reste une meilleure alternative à la mise en décharge.

Et vous? Comment faites-vous pour vous débarrasser de vos vieux vêtements? Plutôt team vide-dressing ou soirée d’échange? Apportez-vous vos vêtements usagés dans des points de dépôts?

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