Bangladesh

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Le renouvellement de l’accord Bangladesh

Bonne nouvelle pour l’industrie textile : l’Accord Bangladesh a été renouvelé :

À Paris, le 29 juin 2017, les grandes marques de l’industrie textile ont procédé au renouvellement de « l’accord Bangladesh ». L’accord Bangladesh est un accord mondial qui a pour but de renforcer la sécurité dans les usines textiles. Le premier accord avait été été signé en en 2013. Il avait été conclu suite à l’effondrement de l’immeuble du Rana Plazza. Ce drame a coûté la vie à plus de mille ouvriers bengalis.

La catastrophe du Rana Plaza est l’une des pires catastrophes industrielles survenues ces dernières années.

En effet, par cette tragédie, l’effondrement du Rana Plaza est devenu le symbole des dérives de la mondialisation et du fast-fashion.

L’accord qui avait précédemment été signé arrivait à échéance en 2018. Désormais il a donc été renouvelé pour trois ans, donc jusqu’en 2021.

L’« Accord Bangladesh » porte sur les mesures de sécurité des bâtiments et usines du Bangladesh.

C’est un accord qui est juridiquement contraignant. Il a été conclu par les fédérations syndicales internationales industrielles, par plusieurs syndicats du Bangladesh, et par les enseignes internationales qui délocalisent une partie de la confection au Bangladesh. Il a été rejoint par des ONG internationales cautionnent l’accord, parmi lesquelles  Clean Clothes Campaign (Campagne pour des vêtements propres), l’International Rights Labour Forum(Forum international pour les droits du travail)Maquila Solidarity Network(le Réseau de solidarité Maquila.) et Worker Rights Consortium(le Consortium pour les droits des travailleurs).

Enfin l’Organisation internationale du travail (OIT) en assure la présidence indépendante.

La finalité de l’Accord est la mise en place de mesures concernant la santé et la sécurité des travailleurs du secteur de la confection et du prêt-à-porter au Bangladesh.

Au total cet accord regroupe environ 200 les entreprises internationales. Il concerne 160 usines et protège plus de 2 millions de travailleurs.

renouvellement-accord-bangladesh-resultats-de-recherche-effondrement-rana-plaza-Final Embrace: L'effondrement de l'usine de vêtement du Rana Plaza au Bangladesh. PHOTO TASLIMA AKHTER

Final Embrace: L’effondrement de l’usine de vêtement du Rana Plaza au Bangladesh.
PHOTO TASLIMA AKHTER

L’Accord Bangladesh est constitué de six points essentiels :

❚  Les enseignes doivent assurer un environnement de travail sûr dans le secteur du prêt-à-porter.

❚ Un programme d’inspection indépendant a été mis en place, afin de contrôler que les mesures de sécurité soient respectées.

❚ La divulgation des rapports d’inspection et des plans d’action corrective est publique. Tout le monde peut ainsi y avoir accès.

❚ Les enseignes signataires s’engagent à assurer la disponibilité de fonds suffisants pour les mesures de réparation et pour le maintien des relations d’externalisation.

❚ L’élection démocratique de commissions santé et sécurité dans toutes les usines, chargées d’identifier et de corriger les risques à la santé et à la sécurité.

❚ Le renforcement du pouvoir des travailleurs, par le biais d’un programme de formation étendu, d’un mécanisme de réclamations et du droit de refuser un travail dangereux.

Je crois que la mise en place genre de mesures contraignantes est fondamental :

Notamment quand on constate que des compagnies comme H&M ont des résultats financiers fulgurants, qu’elle a le luxe, de lancer une nouvelle enseigne, mais que par ailleurs elle des retards dans les rénovations des usines et la mise aux normes de leurs fournisseurs actuels.  Ainsi, je m’interroge grandement sur le sens des priorités de ce genre d’enseigne… En effet,  Clean Clothes Campaign, l’International Rights Labour ForumMaquila Solidarity Network et Worker Rights Consortium rapportent que les usines du groupe H&M qui se décrivent eux-mêmes comme étant “les fournisseurs ayant les meilleures performances dans tous les domaines“, sont loin de respecter leur engagements rendus obligatoires par les accords Bangladesh.

 

Suite à un événement et une tragédie de telle ampleur, il est évident que; la sécurisation des usines de confection du pays est fondamentale afin que d’autres tragédies n’arrivent pas.

Cependant il est aussi essentiel d’indemniser les victimes.

Le laspe de temps entre l’incident et l’indemnisation des victimes a duré plus de deux ans. Demander à des familles qui ont tout perdus, d’attendre deux ans c’est bien trop long! Du jour au lendemain, certaines ont perdu des membres de la famille, d’autres leur capacité à travailler… Les laisser dans l’attente est inadmissible.

Le fond d’indemnisation devrait être obligatoire et il devrait y avoir une date butoir imposée.

Et pendant que les victimes restent dans l’attente, les compagnies millionnaires qui employaient les victimes pour des salaires misérables, dans des usines précaires, ont pris plus de deux années pour parvenir à réunir à elles toutes 30 millions de dollars au lieu des 74,57 millions comme l’avait conseillé l’organisme indépendant.

Pourquoi le fond d’indemnisation n’a pas attenint les 74,57 millions de dollars ?

Le fond mis en place était basé sur des contributions volontaires :

Or, dédommager les victimes lorsqu’on les fait travailler dans des lieux insécures, cela ne devrait pas être à leur bon vouloir des entreprises de payer ou non. Sachant que des consignes d’évacuation avaient été données après l’apparition de fissures, et avaient été ignorées elles sont responsables de cet accident.

Et quand on commet, une faute ou une erreur et bien on paye pour!

Mais certaines entreprises se sont senties peu concernées par cet incident.

Benetton avait d’ailleurs refusé de participer à ce fond. C’est seulement suite à une campagne de pression internationale que l’enseigne a finalement versé 1 million de dollars, alors que sa contribution estimée était à 5 millions de dollars.
À cause de sociétés radines, avares et peu concernées, l’indemnisation des victimes a eu plus de deux ans après le drame.

De plus, même si une indemnisation ne sera jamais réellement à la hauteur des dommages subis, je pense de mon point de vue personnel qu’elles sont relativement faibles. Aucun Occidental n’aurait accepté de percevoir si peu.
En effet, après deux ans de mobilisation internationale, le « Rana Plaza Donors Trust Fund » a atteint les 30 millions de dollars. Cela a permis de dédommager environ 5000 familles victimes. Ainsi les personnes qui avaient posé une plainte suite à un décès ont perçu 11 500 €, et pour les personnes qui ont été blessées 1200 euros. Lorsqu’on sait que les victimes travaillaient dans un lieu au sein duquel un avis d’évacuation avait était donné je trouve ça scandaleux.

Bref,  je crois que cette catastrophe a eu 1 impact « positif »! Elle a été médiatisé et à peut-être contribué à ouvrir les yeux à quelques consommateurs des pays occidentaux.

Personnellement, depuis cet événement j’ai banni de ma consommation les vêtements de certaines enseignes. Cependant, je ne suis pas allée jusqu’à me débarrasser des habits que j’avais par le passé achetés chez eux. Mais, depuis, j’essaye désormais de me tourner vers des compagnies locales et responsables. J’aime connaitre la provenance du tissu, savoir qui l’a fabriqué, et dans quelles conditions etc.

C’est plus qu’inacceptable que les travailleurs fabriquent mes vêtements au péril de leur vie. Pour cela j’ai radicalement changé ma façon de consommer la mode. Les fautifs sont pas uniquement ceux qui emploient les salariés. Quant est-il de “nous”, les milliers de consommateurs qui continuent sans cesse d’acheter dans ces magasins?

Acheter c’est voter. Et acheter c’est encourager…

Alors questionnez-vous quelques minutes… Préférez-vous faire des économies et encourager la délocalisation et toutes les dérives qui s’en suivent, ou alors encourager l’économie locale et peut être payer un petit peu plus cher au moment du passage en caisse? Le choix est vite fait non ?
La vie d’un être humain vaut bien plus, que quelques dollars économisés à l’achat d’un t-shirt…

La photo la plus émouvante de la catastrophe du Rana Plaza

Le 23 avril 2013, des inspecteurs découvrent des fissures dans l’immeuble du Rana Plaza et requièrent l’évacuation et la fermeture de ce dernier.

Les commerces et la banque occupants l’immeuble du Rana Plaza ferment immédiatement. Cependant, les ouvriers et ouvrières des ateliers de confection, sous la menace de voir leur salaire retenu ou de se faire carrément congédier, se voient obliger à reprendre le travail.

Le 24 avril 2013, à 9h00, le bâtiment du Rana Plaza s’effondre complètement, causant 1 133 morts et 2 500 blessés.

Juste avant le drame, des milliers de travailleurs, pour la grande majorité des femmes, avaient été contraints par leur direction de reprendre leur poste pour honorer les commandes d’entreprises multinationales de l’habillement. Les ateliers de confection produisaient des vêtements pour ,entre autres, les marques : Mango, Benetton, The Children’s Place, Joe Fresh et Primark.

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25 avril 2013. Deux victimes dans les décombres d’une usine de vêtements à Savar, près de Dhaka, au Bangladesh.

De nombreuses et très puissantes photographies ont été prises à la suite de l’effondrement de l’usine de confection de vêtements située à Savar, dans la périphérie de Dhaka, au Bangladesh.

Mais une photo, prise par la photographe bangladaise Taslima Akhter, m’est apparue comme étant la plus marquante et la plus déchirante. C’est lors de ma visite annuelle au World Press Photo de Montréal que j’ai découvert ce cliché. Et c’est aussi face à ce cliché que j’ai pris la décision de changer ma façon de consommer.

Il capture le chagrin d’un pays entier en une seule image.

Shahidul Alam, photographe bangladais, écrivain et fondateur de Pathshala, l’Institut de photographie de l’Asie du Sud, a déclaré à propos de cette photo : ” Cette image, bien que profondément troublante, est aussi d’une beauté obsédante. Une accolade au moment de mourrir. La tendresse qui se dégage de cette photo s’élève au-dessus des décombres pour nous toucher là où nous sommes les plus vulnérables.”

À propos de cette photo Taslima Akhter à déclaré ” J’ai passé toute la journée sur les lieux de l’effondrement de l’immeuble, regardant les ouvriers du textile qui étaient secourus des décombres. Vers 2 heures du matin, j’ai trouvé un couple qui s’enlaçait dans les décombres. Les parties inférieures de leurs corps ont été enterrées sous le béton. Le sang des yeux de l’homme coulait comme une larme. Quand j’ai vu le couple, je n’en croyais pas mes yeux. J’avais l’impression de les connaître.”

Quant à moi, à chaque fois que je regarde cette photo, je me sens mal à l’aise.

Contrecoup d’une industrie impitoyable et avide de profits, ce désastre est le résultat de mon mode de consommation. Oui, je suis la première à faire la chasse au petits prix et aux bonnes affaires. Sans me préoccuper de ce que ça engendre.

Cette photo m’a réellement fait prendre conscience de l’impact de ma consommation. Et face à cette photo, je me suis promise de changer ma façon de consommer la mode. Je me suis également promise de changer mon rapport au vêtement et la valeur que j’accorde à chacune des pièces qui compose notre garde-robe. Aussi belles soient-elles, toute chemise ou tendance nous semblent trop chère payées lorsqu’elles génèrent de la misère et contribuent à polluer notre planète.

Cette photo me hante tout le temps, à chaque fois que j’ai envie de re-craquer pour une petite pièce par chère, l’image de ces personnes me revient en tête.

C’est comme s’ils me disaient: “nous ne sommes pas seulement une catastrophe historique avec un nombre de morts record”. Cette photo pour moi est très symbolique. Car au de la de la mort de milliers d’ouvriers, on voit des êtres humains. Comme vous et moi, avec des sentiments et des rêves. Pour moi cette photo ré-humanise la catastrophe. Le rana plaza n’est pas qu’un simple chiffre et qu’un nombre de morts. Le rana plaza ce sont des êtres humains. Comme vous et moi. Avec des sentiments. Et avec des rêves.

Plus une mode plus durable et plus éthique... Un long chemin reste à parcourir.

De nombreux travailleurs de l’habillement à travers le monde, y compris les enfants, travaillent encore dans des conditions déplorables. Les rivières et les ruisseaux sont étouffés par des polluants qui menacent la vie en raison de la production de la mode rapide. Nous devons faire mieux ! Demandez la transparence de vos marques, faites vos recherches.

VOUS AVEZ LE POUVOIR DE CHANGER LA MODE !

FASHION REVOLUTION incite ceux qui aiment et consomment la mode à se demander qui a fait leurs vêtements, à imaginer le chemin qu’ils ont suivi depuis le cultivateur de la matière première, jusqu’au confectionneur et au distributeur en passant par le filateur, le tisseur et l’ennoblisseur. Et à poser la question à leurs marques préférées via les réseaux sociaux #whomademyclothes

Même si mes efforts sont minimes comparé aux dégâts des géants de l’industrie textile… Ils ont leur importance. Et c’est à force d’informer les gens que les choses changeront!